Formation
Formation Normes IFRS
Un chiffre d’affaires reconnu à l’avancement, des loyers devenus dettes, un goodwill testé chaque année au lieu d’être amorti : entre des comptes établis en normes françaises et les mêmes comptes en IFRS, le résultat et le bilan peuvent changer sensiblement. Ces trois jours passent en revue les normes qui produisent ces écarts, avec la logique de chacune, les écritures qu’elle impose et les informations qu’elle exige en annexe. L’objectif est de savoir traiter les opérations courantes d’un groupe en IFRS, de justifier ses choix face aux auditeurs et d’expliquer les différences avec les comptes sociaux.
Public concerné
Comptables, chefs comptables, responsables de la consolidation et du reporting, contrôleurs financiers de filiales qui remontent des liasses IFRS à leur groupe, auditeurs internes et collaborateurs de cabinets d’audit ou d’expertise comptable.
Directeurs administratifs et financiers de sociétés qui entrent dans le périmètre d’un groupe coté, préparent une introduction en bourse ou une levée de fonds auprès d’investisseurs internationaux.
Prérequis
Une pratique de la comptabilité générale en normes françaises est nécessaire : écritures d’inventaire, amortissements, provisions, lecture de la liasse. Aucune connaissance préalable des IFRS n’est exigée.
Chaque participant vient avec son ordinateur portable équipé d’un tableur (Excel ou équivalent) pour les calculs d’actualisation, les échéanciers de location et les tests de dépréciation.
Objectifs pédagogiques
- Situer le référentiel IFRS : IASB, cadre conceptuel, processus d’adoption européen et hiérarchie des sources.
- Appliquer le modèle en cinq étapes d’IFRS 15 à des contrats comportant plusieurs obligations de prestation.
- Comptabiliser un contrat de location selon IFRS 16 chez le preneur : droit d’utilisation, dette locative, charges d’intérêts.
- Classer et évaluer les actifs et passifs financiers selon IFRS 9, et calculer une dépréciation pour pertes attendues sur créances clients.
- Réaliser un test de dépréciation IAS 36 par unité génératrice de trésorerie et en déduire l’impact sur le goodwill.
- Calculer des impôts différés (IAS 12) et évaluer un engagement de retraite (IAS 19) à partir d’un rapport actuariel.
- Présenter des états financiers IFRS et une note d’annexe, en tenant compte des évolutions de présentation apportées par IFRS 18.
- Établir une table de passage entre comptes sociaux en normes françaises et comptes IFRS, et en expliquer chaque ligne.
Programme détaillé
Jour 1
1. Le référentiel IFRS et sa logique
- L’IASB, l’IFRIC et l’adoption des normes par l’Union européenne : qui produit quoi, et ce qui s’impose à qui.
- Le cadre conceptuel : définitions d’actif et de passif, prééminence de la substance, prudence et neutralité.
- Coût historique, juste valeur (IFRS 13) et valeur d’utilité : quand chaque base s’applique.
- Les grands écarts de philosophie avec le plan comptable général et leurs effets sur le résultat.
- Pratique : classement d’une dizaine d’opérations selon qu’elles créent ou non un écart entre normes françaises et IFRS.
2. Présentation des états financiers
- Le jeu complet d’états financiers : situation financière, résultat et autres éléments du résultat global, capitaux propres, flux de trésorerie, annexe.
- IAS 1 aujourd’hui et IFRS 18 demain : nouvelles catégories du compte de résultat et indicateurs de performance définis par la direction.
- IAS 8 : changements de méthode, changements d’estimation et corrections d’erreurs.
- IAS 10 : événements postérieurs à la clôture.
- Pratique : lecture guidée des états financiers d’un groupe coté et repérage des rubriques propres aux IFRS.
3. IFRS 15 : produits des activités ordinaires
- Le modèle en cinq étapes : contrat, obligations de prestation, prix, allocation, comptabilisation.
- Reconnaissance à une date donnée ou à l’avancement : critères et mesure de l’avancement.
- Contreparties variables, remises, droits de retour, agent ou principal.
- Coûts d’obtention et d’exécution des contrats, actifs et passifs sur contrats.
- Pratique : traitement d’un contrat de vente d’équipement avec installation, maintenance pluriannuelle et remise sur volume.
4. Immobilisations corporelles et incorporelles
- IAS 16 : approche par composants, durée d’utilité, valeur résiduelle, option de réévaluation.
- IAS 38 : critères d’activation des frais de développement, logiciels et actifs générés en interne.
- IAS 23 : coûts d’emprunt incorporés aux actifs qualifiés.
- IAS 40 et IFRS 5 en aperçu : immeubles de placement et actifs destinés à être cédés.
- Pratique : décomposition d’un bâtiment industriel et calcul du plan d’amortissement par composant, comparé au plan en normes françaises.
Jour 2
5. IFRS 16 : contrats de location
- Identifier un contrat de location : actif identifié, droit de contrôle de l’utilisation.
- Chez le preneur : droit d’utilisation, dette locative, taux d’actualisation, durée retenue avec options.
- Exemptions (courte durée, faible valeur), modifications de contrat, réévaluation de la dette.
- Effets sur l’EBITDA, l’endettement net, les flux de trésorerie et les covenants bancaires.
- Pratique : construction sous tableur de l’échéancier d’un bail commercial et des écritures des deux premières années.
6. IAS 36 : dépréciation des actifs
- Indices de perte de valeur et tests obligatoires (goodwill, incorporels à durée indéfinie).
- Unités génératrices de trésorerie et affectation du goodwill.
- Valeur recouvrable : juste valeur diminuée des coûts de cession et valeur d’utilité par actualisation des flux.
- Hypothèses clés, sensibilités et informations à fournir, points d’attention des auditeurs.
- Pratique : test de dépréciation d’une UGT avec goodwill, calcul de la perte et de son affectation, analyse de sensibilité au taux d’actualisation.
7. IAS 37 et IAS 19 : provisions et avantages du personnel
- IAS 37 : obligation actuelle, probabilité de sortie de ressources, estimation fiable ; passifs éventuels.
- Restructurations, contrats déficitaires, litiges : ce qui se provisionne et ce qui ne se provisionne pas.
- IAS 19 : régimes à cotisations et à prestations définies, lecture d’un rapport actuariel.
- Écarts actuariels en autres éléments du résultat global, coût des services, intérêt net.
- Pratique : écritures de l’engagement d’indemnités de fin de carrière à partir d’un rapport actuariel simplifié.
8. IAS 12 : impôts différés
- Différences temporelles entre valeur comptable et base fiscale, différences permanentes.
- Impôts différés actifs : conditions de reconnaissance, reports déficitaires, plan d’affaires.
- Taux applicables, actualisation interdite, présentation et compensation.
- Preuve d’impôt : rapprochement entre charge d’impôt théorique et charge effective.
- Pratique : calcul des impôts différés résultant des retraitements IFRS 16 et IAS 19 vus précédemment, et établissement de la preuve d’impôt.
Jour 3
9. IFRS 9 et IAS 32 : instruments financiers
- Distinction dette et capitaux propres (IAS 32) : actions de préférence, obligations convertibles.
- Classement des actifs financiers : modèle économique et caractéristiques des flux contractuels.
- Coût amorti et taux d’intérêt effectif, juste valeur par résultat ou par autres éléments du résultat global.
- Dépréciation pour pertes de crédit attendues : approche simplifiée pour les créances clients.
- Pratique : calcul du coût amorti d’un emprunt avec frais d’émission et d’une provision pour pertes attendues par matrice d’ancienneté.
10. Comptabilité de couverture et risques financiers
- Dérivés : comptabilisation par défaut à la juste valeur par résultat.
- Couverture de juste valeur, de flux de trésorerie, d’investissement net : mécanismes et conditions.
- Documentation, efficacité et arrêt de la relation de couverture.
- IFRS 7 : informations à fournir sur les risques financiers.
- Pratique : comptabilisation d’un swap de taux adossé à un emprunt à taux variable, avec et sans comptabilité de couverture.
11. Groupes et regroupements d’entreprises en aperçu
- IFRS 10, 11 et 12 : contrôle, contrôle conjoint, influence notable.
- IFRS 3 : méthode de l’acquisition, juste valeur des actifs acquis, goodwill complet ou partiel.
- IAS 21 : conversion des comptes des filiales étrangères.
- Ce que ces normes changent pour la filiale qui remonte une liasse au groupe.
- Pratique : calcul d’un goodwill et de l’allocation du prix d’acquisition sur un cas simplifié.
12. Du référentiel français aux IFRS
- IFRS 1 : première application, bilan d’ouverture, exemptions et exceptions.
- Construire une table de passage entre comptes sociaux et comptes IFRS.
- Organisation pratique : manuel de principes comptables groupe, calendrier, contrôle des retraitements.
- Veille : normes publiées non encore applicables et suivi des décisions de l’IFRIC.
- Pratique : cas de synthèse : passage des comptes sociaux d’une PME industrielle aux comptes IFRS, avec table de réconciliation des capitaux propres et du résultat.
Méthodes pédagogiques
Chaque norme est abordée dans le même ordre : le problème qu’elle règle, la règle elle-même, les écritures, puis l’information à fournir. Les apports sont courts et suivis immédiatement d’un exercice chiffré. Un cas fil rouge, une PME industrielle en cours d’intégration dans un groupe, accumule les retraitements d’un module à l’autre jusqu’à la table de passage finale.
Les exercices s’appuient sur des extraits d’états financiers publiés et sur des modèles de tableur remis aux participants. En intra, les cas peuvent être construits sur vos propres contrats et vos principes comptables groupe. Formation dispensée en présentiel ou en classe à distance.
Moyens d'encadrement
Formation organisée par le CIDFP, organisme de formation certifié Qualiopi, et animée par un formateur spécialiste de la finance d’entreprise, praticien du sujet traité.
Un formateur unique assure l’intégralité des trois journées. Les groupes sont volontairement réduits pour permettre un suivi individuel.
Modalités d'évaluation
Questionnaire de positionnement avant la formation pour mesurer la pratique comptable et l’exposition aux IFRS de chaque participant. Exercices corrigés à la fin de chaque module, et quiz de consolidation au début des deuxième et troisième journées.
Le cas de synthèse du troisième jour sert d’évaluation des acquis. Évaluation à chaud de la satisfaction en fin de session, puis attestation de fin de formation remise à chaque participant.
Pourquoi choisir cette formation
- Douze modules sur trois jours, qui couvrent les normes à l’origine de la plupart des écarts avec les comptes sociaux.
- Une approche par écritures et calculs, pas un exposé théorique norme par norme.
- Un cas fil rouge qui se conclut par une table de passage complète, réutilisable dans votre propre organisation.
- Les évolutions récentes intégrées, notamment IFRS 18 sur la présentation du compte de résultat.
- Des modèles de tableur remis aux participants : échéancier IFRS 16, test IAS 36, coût amorti, impôts différés.
- Groupes de 3 à 8 participants, qui laissent le temps de traiter les questions propres à chaque entreprise.
Accessibilité
Les formations sont ouvertes aux personnes en situation de handicap. Les besoins d’adaptation, qu’ils portent sur l’accès aux locaux, les supports, le rythme ou les outils, sont examinés lors de l’entretien préalable afin de mettre en place les aménagements nécessaires ou d’orienter vers un interlocuteur adapté.
Signalez votre besoin en amont de l’inscription pour que la session soit préparée en conséquence.
Dates & lieux
Aucune date programmée pour le moment. Nous ouvrons une session dès qu’un groupe est constitué — dites-nous quelle période vous conviendrait.
Questions fréquentes
Faut-il déjà connaître les IFRS pour suivre cette formation ?
Non. La formation part des normes françaises, que les participants pratiquent déjà, et présente chaque norme IFRS par différence. Une bonne maîtrise des écritures d’inventaire est en revanche indispensable : sans elle, le rythme de trois jours et douze modules devient difficile à suivre.
Quelles normes sont traitées en détail ?
IFRS 15, IFRS 16, IFRS 9 et IAS 32, IAS 36, IAS 37, IAS 19, IAS 12, IAS 16 et IAS 38 font l’objet d’exercices chiffrés. IFRS 3, IFRS 10, IAS 21, IFRS 5 et IFRS 1 sont présentées en aperçu, dans la mesure où elles concernent une filiale ou une société qui adopte le référentiel. Les normes sectorielles (assurance, agriculture, industries extractives) ne sont pas couvertes.
La formation tient-elle compte d’IFRS 18 ?
Oui. Le module sur la présentation des états financiers explique ce qu’IFRS 18 change par rapport à IAS 1 : catégories du compte de résultat, sous-totaux imposés et indicateurs de performance définis par la direction. Les exercices signalent, le cas échéant, les écarts entre la présentation actuelle et celle qui s’appliquera.
Quelle différence avec la Formation Consolidation des comptes ?
La Formation Consolidation des comptes porte sur la technique de consolidation : périmètre, retraitements, éliminations, conversion, liasse, principalement en normes françaises. Ici, l’objet est le traitement des opérations elles-mêmes en IFRS : revenus, locations, instruments financiers, dépréciations, provisions. Les deux formations se complètent pour un responsable de la consolidation d’un groupe en IFRS.
Quelle différence avec la Formation Analyse financière – Niveau 2 ?
La Formation Analyse financière – Niveau 2 prend les comptes IFRS comme une donnée et apprend à les analyser : qualité des résultats, free cash-flow, création de valeur. Cette formation-ci se place du côté de la production des comptes : comment une opération est comptabilisée, évaluée et présentée. Elle s’adresse donc d’abord aux comptables et aux consolideurs, la seconde aux analystes et aux directions financières.
Peut-on travailler sur nos propres contrats et principes comptables ?
En intra, oui : les cas pratiques peuvent être construits sur vos baux, vos contrats clients ou votre manuel de principes comptables groupe, préalablement anonymisés si nécessaire. En inter, les cas sont génériques, mais chaque participant peut soumettre une question issue de sa pratique, traitée en séance lorsqu’elle intéresse le groupe.
La formation a-t-elle lieu en présentiel ou à distance ?
Les deux. En présentiel dans nos centres ou dans vos locaux pour les sessions intra, et en classe à distance partout en France, avec le même déroulé et les mêmes exercices pratiques.
Quelle est la différence entre inter, intra et sur mesure ?
En inter, vous vous inscrivez individuellement à une session ouverte et rejoignez un groupe de 3 à 8 participants. En intra, les journées sont réservées à votre organisation et travaillent sur vos propres documents. Le sur mesure répond à un besoin qui n’entre dans aucun de ces deux cadres. Les trois formats font l’objet d’un devis nominatif.
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